Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Forum d'expression libre et responsable sur des sujets d'actualité particulièrement sur le renouveau en Église à la lumière de l'Évangile et de Vatican 11 par l'échange et le partage. annonce gratuite

Publicité

LAÏCITÉ

 

Ce qui se cache sous une certaine laïcité

 

Le refus du maire de Saguenay, Jean Tremblay, de cesser de prier aux assemblées du conseil municipal et de retirer le crucifix au mur de la salle a suscité, chez des citoyens et citoyennes du Québec, des réactions d’une rare violence.

 

          Au nom de la laïcité, qui fait consensus au Québec, on s’est révolté contre sa décision d’en appeler du jugement tu Tribunal des droits de la personne qui a condamné ses pratiques.

 

         Justement parce qu’elle fait maintenant partie du noyau dur de l’identité québécoise, la laïcité a-t-elle besoin d’être défendue avec une pareille pugnacité ? Pour moi, la rogne contre ce qui se passe à l’hôtel de ville de Saguenay est suspecte. La laïcité que l’on défend cache quelque chose comme un ressentiment profond, non pas contre Dieu mais contre la religion.

 

         La démarche du maire a réveillé de pénibles souvenirs de la religion. Pour ne pas dire des traumatismes. Car nous sommes loin d’en avoir fini avec les travers d’une religion qui a eu la malchance d’avoir connu la toute-puissance, ce qui ne l’a pas empêchée, par ailleurs, d’être une sacrée grâce pour le Québec.

 

         On me dira que la religion est devenue marginale, mais pas chez les tenants de la laïcité pure et dure où elle est omniprésente… dans ce qu’elle a d’exécrable. Car plus on déteste une religion, plus on en reproduit les traits détestables. C’est pourquoi plusieurs gens du pays militent pour la laïcité mur à mur, intolérante, tatillonne, revancharde, morose, en étant ses hérauts donneurs de leçons, arrogants, infaillibles : la religion de mon père, côté enfer.

 

         Pour promouvoir une pareille laïcité, il faut être particulièrement émotif et, paradoxalement, tout autant rationnel. Car, derrière la violence qu’on déploie sur le front de la laïcité, il y a le culte de la raison promue souveraine. De fait, si la raison est seule à gouverner, il faut jeter hors de l’espace public toute référence à des signes religieux. À l’une de cette raison, la laïcité est ou n’est pas. Tout accommodement est alors déraisonnable.

 

         Mais la laïcité conçue et gérée par la seule raison, c’est de la jeune laïcité. Quand elle aura vieilli, qu’elle aura pris de la maturité et sera devenue plus sûre d’elle-même, elle sera moins raide. Elle épousera des contours du paysage avec l’argent des contribuables, de financer des lieux de culte et des écoles privées de confession religieuse. De même aux États-Unis, où est inscrit sur la monnaie du pays : « In God we trust ».

 

         Je souhaite que les citoyennes et les citoyens de Saguenay soient reconnus, en fin de compte, comme les seuls juges de leur maire.

 

Gérard Marier

Victoriaville

 

Cette lettre correspond à votre opinion?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article