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Avant de pardonner le mal que telle ou telle personne nous a fait, il faut se pardonner à soi-même d’avoir mal réagi à l’offense, poussé par la colère ou le désir de vengeance plus ou moins camouflé. Quand on a eu du chagrin, il est normal de mettre du temps à retrouver la paix du cœur et de l’esprit. Il faut avoir beaucoup de courage pour dire, comme Jésus l’a fait, malgré les souffrances atroces qu’il vivait, « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Ce préambule m’amène à parler de la confession. Il y a peu de temps, j’ai écrit que Jésus, devant un malade, un infirme qu’il avait guéris, n’a jamais demandé l’aveu de leurs fautes. Au contraire, il disait : « Va, tes péchés sont pardonnés et désormais ne pèche plus. » Au cours des siècles, la confession a pris bien des formes. J’abrégerai, car mon propos n’est pas une thèse, elle est plutôt une recherche de vérité. Une amie m’a dit que depuis Jean XX111, on parle de sacrement de la réconciliation. Ça me plaît beaucoup.
J’aimais la confession générale parce qu’elle se passait entre Dieu et chacun des assistants. Mon avis, c’était et c’est encore ce qui suit : on peut mentir à un homme, mais on ne ment pas à Dieu. Il sait ce qu’il y a dans l’homme. On n’apprend rien à Dieu, car il est la lumière qui éclaire et nous révèle à nous-mêmes. Son amour est sans limites et va au-devant de nos tentatives d’aveu de nos faiblesses. (J’aime mieux dire faiblesse, car je déteste le mot de péché).
Un jour – j’avais l6 ans environ- je suis allée me confesser à l’aumônier du collège où je faisais mes études Ce que je ne faisais jamais car je ne me sentais pas bien avec ce prêtre. J’étais timide et je ne devais pas savoir quoi dire. Toujours est-il qu’il m’a demandé si je disais mon chapelet tous les jours. Oui, j’étais timide, mais j’ai eu le courage de dire la vérité. Comme je n’aime pas le chapelet, j’ai dit non. Il m’a regardée d’un œil furibond, com- me si j’étais une damnée. Aujourd’hui, je me félicite de ma réaction : je me suis juré qu’il ne me verrait plus dans son confessionnal. Et j’ai tenu parole.
Les années passant, je me suis détachée de cette coutume et elle a pris la même direction que la défense de manger de la viande le vendredi. Je me sens quand même en paix avec mon Dieu qui n’est que bonté, amour et miséricorde. Quand je paraîtrai devant lui, je sais qu’il m’ouvrira les bras même si je ne suis pas parfaite, loin de là.
Avant de vous quitter, j’aimerais vous raconter un fait qui ne me concerne pas, cette fois. Une amie me disait récemment qu’un jour, elle a confié au prêtre qui était au confessionnal, qu’elle détestait se confesser. Le prêtre, au lieu de manifester du désaccord, lui a parlé longuement, puis lui a donné l’absolution. Ce fut un beau moment pour elle. Qui sait? Peut-être pour le prêtre aussi qui, enfin, a pu prendre congé de la tradition et de la rigidité.
Thérèse Hart
1er février 2013
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